L'INCERTITUDE SUR LA DISTANCE DE LA PREMIERE ATTAQUE DE L'ADVERSAIRE JOUE T'ELLE SUR LA PRISE DE DECISION DU SABREUR ?

Résumé : L’initiation et le déroulement de la première marche du sabreur lors de l’assaut initial sont étudiés face à un adversaire réel. Cette étude a tenté de répondre aux deux questions suivantes : 1) l’escrimeur choisit-il une action au préalable ; 2) son geste s’adapte t-il au cours du mouvement en tenant compte du mouvement adverse ? Six sabreurs, tous membres de l’équipe de France de sabre et s’entraînant deux fois par jour à l’Institut National des Sports et de l’Education Physique (INSEP) ont mené chacun 48 assauts face à un adversaire commun, lui-même sabreur de haut-niveau. Les assauts se répartissaient en deux session de 24 essais chacune : une session où le sabreur avait connaissance de l’action prévue par l’adversaire et une session où il l’ignorait. Pour chacune des deux sessions, l’adversaire effectuait 8 essais dans trois conditions de distance : une distance courte de marche-retraite, une distance moyenne de marche-fente et une distance longue de marche-marche-fente. Une partie des résultats portant uniquement sur la première marche de l’adversaire complice a permis d’une part, de valider le protocole expérimental en restant la reproductibilité de l’organisation spatiotemporelle de ses séquences motrices et d’autre part, de repérer des indicateurs cinématiques dont les grandeurs et/ou les caractéristiques variaient en fonction de la condition de distance. Ces indicateurs deviennent alors susceptibles de constituer des informations exploitables par le sabreur. Certaines de ces informations sont disponibles moins de 400 ms après le signal de départ qui est commun aux deux duellistes. Les résultats de la session avec incertitude ont montré que les sabreurs avaient exploité des informations dès 570 ms qui leur permettaient de distinguer s’ils devaient faire face à une attaque courte ou à une attaque longue et qu’avant 900 ms (au cours du double appui) la marche du sabreur s’était adaptée avec pertinence au mouvement de l’adversaire. Les résultats de la session avec certitude ont montré que les sabreurs programmaient seulement le début de leur séquence et qu’ils l’adaptaient au cours de la première marche, bien qu’ils connaissent les intentions de l’adversaire. Il a été montré également que les sabreurs menaient une gestion toujours conjointe mais différente, selon la distance, de la double tâche qui s’impose à eux : se déplacer et toucher. La séquence motrice face à une séquence courte semble constituer la séquence de « base » du sabreur. L’organisation posturo-cinétique du sabreur serait alors celle qui permettrait le plus de variété dans les enchaînements d’action. La distance entre les pieds, les durées d’appui et l’organisation du bras armé pourraient constituer des sources d’information importantes pour l’adversaire, et cela dès le déplacement du pied avant puisque ces variables prennent des valeurs différentes selon les conditions de distance, indépendamment de la connaissance du mouvement de l’adversaire. A l’inverse, l’inclinaison du tronc est différente selon la certitude ou l’incertitude, quelque soit la distance. En situation d’incertitude, le sabreur est à la recherche d’une grande stabilité posturale permettant de déplacer les appuis aussi bien vers l’avant que vers l’arrière mais aussi d’armer le bras par un mouvement du coude vers l’arrière aussi bien que de le porter rapidement vers l’avant. Ces travaux montrent que 1) dans les deux sessions il existe une adaptation dans la seconde partie de la marche ; 2) la première partie semble relativement stéréotypée en situation d’incertitude et très automatisée et différentiée selon la distance à parcourir en situation de certitude. Quelles que soient les conditions, il semble émerger un patron de coordination très stable, entre le pied arrière et le bras armé et son effet sur le centre de masse dans la phase finale de la marche. Enfin, il existe de nombreuses composantes du geste qui sont individualisées, particulièrement à partir du premier double appui. C’est donc dans la partie « adaptation » du geste que semble s’exprimer davantage l’individualisation de la marche et c’est en situation de certitude que s’exprime le plus de variabilité.
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Rapport
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Contributeur : Documentation Insep <>
Soumis le : mardi 27 novembre 2018 - 13:58:18
Dernière modification le : vendredi 4 octobre 2019 - 01:18:39

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47-L'incertitude sur la distan...
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  • HAL Id : hal-01936428, version 1

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Françoise Natta, Philippe Nouillot, Thomas Ducourant. L'INCERTITUDE SUR LA DISTANCE DE LA PREMIERE ATTAQUE DE L'ADVERSAIRE JOUE T'ELLE SUR LA PRISE DE DECISION DU SABREUR ?. [Rapport de recherche] Rapport de projet de recherche N°02-053, Institut National du Sport et de l'Education Physique (INSEP). 2008. ⟨hal-01936428⟩

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